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dimanche, février 24, 2013

En amour, pourquoi a-t-on besoin de s’afficher en public ?

http://www.rue89.com/rue69/2013/02/23/en-amour-pourquoi-t-besoin-de-safficher-en-public-239960

Parce que souvent ils aiment bien parler en sigles, les Américains appellent cela des PDA, soit des « Public Display of Affection ». En français, ça donne « démonstration d’affection en public » ou, si on est plutôt d’humeur à désapprouver la chose, « exhibition d’affection en public ».
Entrent dans cette catégorie tout un tas de situations, plus ou moins gênantes pour qui les observe :
  • se tenir la main ;
  • s’embrasser ;
  • se faire des câlins ;
  • se caresser délicatement (ou pas) le visage de l’autre ;
  • se frotter devant tout le monde (pire que tout).

Se bisouter en public ou pas : c’est culturel

Ce sont des choses dont on est parfois témoin dans le métro. Vous savez ? Cette cool situation où un couple
s’embrasse goulûment à deux centimètres de votre visage, alors que la rame est bondée.
Dans le monde, on s’embrasse dans 90% des cultures. Mais selon son pays d’origine, il est plus ou moins accepté de témoigner de l’affection à son conjoint en public.
Sénégalo-française, je me rappelle d’un étonnement que j’ai eu jeune. Dans la rue, à Dakar, les couples sénégalais ne s’embrassaient jamais. Dans ma famille, je n’ai d’ailleurs jamais vu mes tantes embrasser leurs maris, ou mes oncles embrasser leurs femmes.
On pourrait penser que les PDA sont un phénomène typiquement occidental. Mais c’est faux. Aux Etats-Unis, par exemple, donner un rapide baiser à son conjoint n’est pas choquant, en revanche le galocher ou jouer au collé-serré en public, ça ne passe pas très bien. En tous cas, beaucoup moins bien qu’en France.

Les PDA font donc jaser les Américains. Autant dire que quand c’est le Président, en personne, qui se laisse aller à une telle démonstration d’affection, les bavardages sont encore plus intenses.
En juillet dernier, Barack Obama avait embrassé sa femme, Michelle Obama, pendant un match de basket et ce baiser avait été retransmis sur « l’écran géant des bisous ».
Un truc de fou pour beaucoup de journaux anglo-saxons qui en avaient carrément fait des articles (suivis par quelques rares confrères français). C’est assez drôle d’imaginer cette situation transposée en France et les titres qu’on pourrait lire alors :
« François Hollande embrasse Valérie Trierweiller pendant un match de foot. »
On sait pourquoi on s’embrasse. Guillemette Faure, ex-journaliste à Rue89, l’avait très bien expliqué en 2008 dans cet article où elle relatait les résultats d’une étude sur le sujet.
En résumé c’est :
  • pour sélectionner son partenaire, la bouche étant pleine d’infos (« goût, odeur, informations sur notre état de santé ») ;
  • pour « établir un lien » et le renforcer ;
  • pour augmenter ses chances d’avoir des relations sexuelles.

Marquer son territoire

Voilà qui est dit. Maintenant pourquoi a-t-on besoin d’afficher son amour en public ?
Parce que ça prend comme une envie de faire pipi, et qu’on n’est incapable de se retenir, pour marquer son territoire parfois, ou encore parce qu’une fois qu’on a donné l’habitude à l’autre de l’embrasser, c’est compliqué d’arrêter.
A ces explications évidentes s’ajoute désormais celles d’une étude d’une chercheuse américaine : Maria Servedio. Biologiste en évolution à l’université de Carolina du Nord, Chapel Hill, elle a observé que les animaux monogames, comme certains oiseaux, étaient aussi friands de DPA.
Elle a déclaré au magazine scientifique anglais Live Science :
« C’est assez évident qu’on a besoin d’être démonstratif pour attirer un partenaire. En revanche, une fois que vous l’avez déjà conquis pourquoi devriez-vous vous enquiquinez à continuer de l’être ? »

Des affichages amoureux qui exposent aux prédateurs

Son questionnement était d’autant plus grand que ces affichages, pas du tout discrets, exposent les animaux à leurs prédateurs.
En se basant sur les résultats de différentes études précédentes, la chercheuse à constaté qu’en réalité, ces comportements sont souvent liés aux progénitures.
En effet, dans les espèces monogames, les couples réussissent mieux à élever des petits que les « individus » isolés.
Souvent d’ailleurs, deux oiseaux en couple parviennent à éduquer plus de deux petits, tandis que le zozio seul ne parvient à en éduquer qu’un seul à la fois.
Les espèces monogames auraient donc tout intérêt à être en couple, à le rester et à le faire savoir.
Maria Servedio écrit donc que ces démonstrations qui se produisaient d’abord au moment de la constitution des couples « ont évolué » pour perdurer après la mise en couple.
« Elles stimulent le partenaire et augmentent son niveau d’investissement dans l’éducation des petits. »
Selon une autre chercheuse américaine, du Colorado cette fois-ci, on peut imaginer un même mécanisme chez l’être humain. Sauf que chez ce dernier, les différences culturelles et sociologiques brouillent un peu les pistes.


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