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vendredi, février 15, 2013

Je suis trop autoritaire - Pourquoi ?


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Si énoncer ses désirs et savoir dire non permet d’exister en société, imposer son point de vue et exiger la soumission à nos décisions relève de l’abus de pouvoir. Comment s’explique cette tendance à se comporter en dictateur ?
Anne-Laure Gannac

Pourquoi ?

C’est le grand retour de l’autorité. Parents, psys, profs, tout le monde en parle. « Cette valeur est indispensable, puisque c’est sur elle que se fondent, en grande partie, l’organisation sociale et les relations
humaines », rappelle Catherine Aimelet-Périssol, psychothérapeute. Mais elle n’a de sens que si elle est liée à celle de respect. Mettre des limites à un enfant, c’est l’aider à se construire. Faire usage de la menace et contrôler tous ses faits et gestes, c’est l’en empêcher. L’autoritarisme passe toujours par la tentative d’exercer sur l’autre une violence morale : vouloir dominer, contraindre, imposer…
Elizabeth, 35 ans, en témoigne : « Pendant des années, mon ex-mari m’a asséné de soi-disant conseils sur la vie et les autres… Ce n’étaient, en fait, que des jugements de valeur érigés en loi universelle et destinés à me maintenir dans la soumission. »
En empêchant quelqu’un de développer ses propres opinions, on le maintient dans un état de dépendance pour garder le pouvoir sur lui. C’est le contraire du bon exercice de l’autorité où l’affirmation de soi a pour objectif de donner à l’autre les moyens de s’affirmer à son tour, et, en construisant une relation égalitaire, de l’autoriser à nous dépasser. Étymologiquement, "auctoritas" signifie ce qui donne confiance à l’autre en lui permettant de devenir "auctor", c’est-à-dire acteur de sa vie.
L’expression de l’agressivité
Pour Stéphanie Hahusseau, psychiatre, le recours à l’autorité abusive fait écho à notre vécu : « Lorsque nous étions enfant, on s’est le plus souvent adressé à nous de façon agressive et autoritaire, en nous imposant des jugements de valeur ou en nous caractérisant à partir d’un seul comportement. » Adultes, nous reproduirons cette attitude.
Un moyen de se rassurer
« En tant que parent, je dois dominer », « Un patron n’a droit à aucune faiblesse »… Les personnes autoritaires ont toujours des arguments. Ces affirmations sont en fait des interprétations erronées de la réalité, construites au fil de leurs expériences et érigées en "diktats de vie". Plus une personne est vulnérable et angoissée, plus elle puisera dans ces "règles" des repères pour se rassurer et se situer dans la vie.
La meilleure défense, c’est l’attaque
« Notre chef de service est surnommé “l’adjudant”. Lorsqu’il entre dans notre bureau, c’est en hurlant ! confie Anne-Marie, rédactrice dans une agence de publicité. Résultat : on le déteste tous, mais en silence. Et lui croit qu’on le respecte ! » « L’autorité abusive est l’expression d’un état émotionnel face à ce que l’on ressent comme une menace pour son identité, explique Catherine Aimelet-Périssol. Certains choisissent la fuite, d’autres écrasent leurs interlocuteurs par peur d’être dépassés ou de ne pas être reconnus et considérés à leur juste valeur. »
Dans les deux cas, cette attitude provient d’une image de soi défaillante. L’agressivité semble alors la seule arme pour exister.
Décider de changer
Pourquoi changer quand nous sommes en position de supériorité ? D’abord, l’allégeance des autres n’est pas éternelle. Les destins des dictateurs ne sont pas sûrs… Ensuite, notre attitude nous condamne à la solitude. Sortir du rapport dominant-dominé, c’est découvrir la communication avec l’autre.
Se libérer de ses émotions
L’agressivité et la colère qui sous-tendent l’autoritarisme viennent d’un trop-plein d’émotions, dont il est possible de se débarrasser par une activité physique. Un bon moyen d’éviter qu’elles ne se libèrent par l’agressivité.

A lire :
Comment ne pas se gâcher la vie de Stéphanie Hahusseau.
Analyses et conseils pour apprendre à sortir d’un schéma de vie douloureux (Odile Jacob, 2003).
Comment apprivoiser son crocodile de Catherine Aimelet-Périssol.
Des clés utiles pour se mettre à l’écoute de ses émotions (Robert Laffont, 2003).

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