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dimanche, février 17, 2013

Nantes - 2 pères, 2 combats très différents

L'expérience de ce type de dossier me fait flairer le manque de clarté d'une situation ...je me demande toujours ce qui ne nous est pas dit par la personne qui s'auto-proclame "victime" dans ce cas-là.
Je trouvais des incohérences dans les propos tenus par le 1er père, Serge Charnay, aux journalistes. S'il  me paraissait juste qu'il interpelle la justice pour obtenir le rétablissement du lien à son fils, qu'il n'a pas vu depuis 2 ans, il m'a paru aberrant  de le voir lutter contre son propre intérêt en refusant le rendez-vous judiciaire proposé, à date proche, par le médiateur.
Le second père, Nicolas Moreno, est, lui, dans une situation très claire et je le perçois comme quelqu'un de cohérent avec lui-même. Je trouve anormal que ses enfants ne bénéficient pas de sa présence plus souvent en raison du nouveau choix de vie de leur mère dont l'éloignement géographique rend difficile le maintien de la relation à leur père.

Un des derniers articles du parisien nous éclaire un peu plus sur la situation de Serge Charnay sur la base d'informations collectées auprès de "proches du dossier".

On y apprend que le cet homme bénéficiait de la garde alternée, qu'il a enlevé son fils durant 2 mois et qu'il a été condamné pour cela à 4 mois de prison ferme.
Je ne vois pas là de quoi se proclamer victime sinon de soi-même ...

Quelle suite judiciaire y a été donnée ? Son droit d'hébergement a été suspendu et il n'aurait apparemment pas bénéficié d'un droit de visite.
Pour bien connaître le fonctionnement judiciaire, je sais une chose : un juge aux affaires familiales est sensible au "mea cupla" d'un parent qui démontre avoir compris son erreur et qui ne cherche pas à faire endosser le poids de sa propre faute au système judiciaire...
Reconnaître qu'on  a commis une erreur est fondamental dans la mesure où cela appelle la confiance du magistrat chargé de rétablir le parent dans ses droits. Un parent qui reconnaît s'être trompé est vu comme un parent qui sait se remettre en question et à qui ont peut désormais faire confiance.

Serge Charnay se comporte exactement à l'inverse de ce qu'il aurait dû faire. Je lis à travers toutes ces informations qu'il est dans le déni de sa responsabilité et qu'il s'entête à vouloir imposer sa propre loi tel qu'il l'a fait précédemment en enlevant son fils durant 2 mois, en toute conscience de ce qu'il faisait puisqu'une décision de justice réglementait ses droits.
«Nous lui avons présenté une requête expresse qu'il peut déposer auprès de la justice pour être audiencé le 28 mars», a indiqué le préfet. «Ce qui est extrêmement rapide, les magistrats se sont mobilisés, c'était la seule réponse de droit possible. Mais après réflexion, il est revenu avec de nouvelles demandes»...l'homme demande désormais l'annulation de sa condamnation".
 Comment ne rien obtenir de la justice ? Exactement comme cela. Une demande déraisonnable n'a aucune chance d'être considérée autrement que pour ce qu'elle est.

Où se trouve l'intérêt de son fils là-dedans ? Ce père, qui réclamait à l'origine, le maintien de sa relation à son fils par l'exercice d'un droit de visite, refuse la proposition du médiateur et pose comme condition l'annulation de sa condamnation "qui aurait, selon lui, détruit sa famille" ? Est-ce la condamnation en question qui a détruit sa famille ou bien les propres actes de cet homme ? Je ne lis pas ici qu'il endosse sa responsabilité dans l'histoire. Je ne lis pas non plus qu'il se donne les moyens de rétablir le lien avec un enfant qu'il n'a pas vu depuis 2 ans.


Les associations qui ont soutenu ce père sont embarrassées nous dit-on. Je les comprends ...
Elles se désolidarisent apprend-on, "ne pouvant cautionner le risque qu'ils passent « du statut de papas à celui de forcenés »". Je les comprends aussi ...

La lutte du second père, Nicolas Moreno, me parait beaucoup plus claire. Elle a le mérite de soulever deux vraies questions
. celle du difficile et couteux exercice du droit de visite du parent qui se voit éloigné géographiquement de ses enfants par le nouveau choix de vie de l'autre.
. celle du temps insuffisamment partagé avec ses enfants dans ces conditions.


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