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mardi, février 12, 2013

Séduction. Qu’est-ce qui fait le charme ?

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Par essence, le charme échappe à toute définition bien ficelée. Il suffit de poser la question autour de soi pour s’en rendre compte.
On n’aura aucun mal à égrener les qualités physiques d’un Brad Pitt : yeux bleu lagon, traits fins de chérubin, blondeur et silhouette d’éternel jeune premier… Tenter l’exercice avec un Vincent Cassel est bien moins évident. Pourtant, monsieur Bellucci fait figure d’icône du charme masculin. Pourquoi plaît-il ? La réponse tourne autour du Je-ne-sais-quoi-que-d’autres-n’ont-pas chanté par France Gall, à propos d’Ella Fitzgerald.
Définition kaléidoscopique
Cerner le charme n’est pas possible d’un trait continu. Le romancier Harold Cobert en est plus que
convaincu après l’écriture de Petit éloge du charme paru récemment aux éditions François Bourin. Selon lui, la définition ne peut être que « kaléidoscopique ». Le charme s’incarne dans l’alliage de plusieurs éléments tels que « beauté, érotisme, séduction, mystère, transgression ».

Instable, il peut se rompre à tout moment. « Un simple détail nous déplaît chez l’être admiré et voilà qu’il se brise », souligne l’écrivain. Paradoxal, il peut se révéler dans la face sombre, dans la beauté vénéneuse de Dorian Gray ou l’âme fiévreuse de Cyrano. « Certains ont en eux cette petite musique, mais l’apprivoisent et la travaillent », note le romancier.
Se balader avec un étui de guitare…

Le sociologue Nicolas Guéguen ne voit pas de mystère dans « ce parfum de séduction ». Le spécialiste des sciences du comportement a étudié, non sans humour, la mécanique de la séduction (Pourquoi faut-il sourire si l’on n’est pas beau ? Dunod) : « Une personne nous charme parce que l’on retrouve en elle des facteurs auxquels on est sensible sans en être totalement conscient. »
S’appuyant sur de petites expériences de psychologie, il montre, par exemple, qu’une femme dont la pupille est dilatée est plus attirante qu’une autre. Ou encore qu’un même garçon a trois fois plus de succès avec les filles s’il se balade avec un étui de guitare… Le chercheur souligne que cette qualité est fortement liée aux canons de son époque. « Les formes généreuses qui charmaient le XIXe siècle n’ont-elles pas été supplantées par la minceur ? »

Une petite grâce
Certaines personnalités savent cependant défier les modes et les époques. Pour Olivia de Lamberterie, rédactrice en chef du magazine Elle, « Audrey Hepburn, d’une beauté non académique, en est un bel exemple, de par son allure, sa vivacité d’esprit. À mon sens, le charme est une petite grâce qui a trait à la générosité de la personne, son intelligence, sa culture… Parmi les personnalités féminines d’aujourd’hui, on retrouve cela chez Anna Gavalda, Sofia Coppola ou Natalie Portman ». Une insaisissable intensité de l’être.
Anne-Elisabeth BERTUCCI

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