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samedi, février 16, 2013

Turquie : l'étudiante Sevil Sevimli condamnée mais libre de rentrer en France

 Cette jeune femme a été condamnée pour "propagande terroriste" par le tribunal de Bursa (Turquie) sur la base d'un dossier vide ...


http://www.leparisien.fr/international/turquie-l-etudiante-sevil-sevimli-condamnee-mais-libre-de-rentrer-en-france-16-02-2013-2572837.php

C'est le soulagement pour sa famille et ses amis : Sevil Sevimli, l'étudiante franco-turque accusée par Ankara de «propagande terroriste» a certes été condamnée vendredi à cinq ans et deux mois de prison mais elle restera libre jusqu'à son procès en appel. Ce qui signifie qu'elle est enfin autorisée à rejoindre la France , pays où elle est née.
«On a pleuré de joie, tout le monde était très content. Maintenant on attend qu'elle rentre, le cauchemar se termine», s'est réjouie une de ses amies, Sinem Elmas.

Depuis août, la jeune femme était placé sous contrôle judiciaire et ne pouvait retourner dans l'Hexagone. Son histoire avait ému, jusqu'à ce qu'en juin 2012, le journal Le Monde interpelle en Une et dans un éditorial le
Premier ministre : «Quel a commis Sevil Sevimli, M. Erdogan ?» Une pétition de soutien avait en outre recueilli plus de 100 000 signatures.

Alors qu'elle participait en mai dernier à un échange Erasmus en Turquie, l'étudiante lyonnaise de 20 ans avait été arrêtée pour des liens supposés avec une organisation clandestine d'extrême-gauche. Les autorités turques lui reprochent d'avoir participé à un défilé, pourtant légal, organisé le 1er mai à Istanbul. Il lui est également reproché d'avoir assisté à un concert du groupe Yorum, engagé à gauche, qui a pourtant réuni 350 000 spectateurs. De parents Kurdes, la jeune femme est considérée comme Turque par Ankara et encourait 32 ans de réclusion.

Dérives de la politique anti-terroriste d'Ankara ?


La justice l'accuse ainsi d'appartenir au Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple, le DHKP-C. Une organisation à l'origine de nombreuses actions violentes en Turquie depuis la fin des années 1970. Le DHKP-C a notamment revendiqué au début du mois l'attentat suicide qui a visé l'ambassade des Etats-Unis à Ankara et coûté la vie à un agent de sécurité turc. Le groupe figure ainsi sur la liste des organisations classées terroristes par les Etats-Unis et l'Union européenne. Si elle a toujours revendiqué des idées politiques très à gauche, la jeune femme a dénoncé les incohérences de l'accusation.

Son cas est emblématique des dérives de l'arsenal législatif anti-terroriste mis en place par Ankara pour lutter contre la rébellion du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et l'extrême-gauche. De nombreux étudiants, journalistes ou avocats sont aujourd'hui emprisonnés pour leurs seuls liens avec ces deux mouvances. Le gouvernement a annoncé une réforme de cette législation, qui devrait se traduire par la libération de plusieurs centaines de détenus.

Avant de quitter le pays, Sevil Sevimli devra toutefois verser une caution de 10 000 livres turques - soit environ 4 250 euros. Reste à prouver son innocence après s'être ressourcée en famille. 


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