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samedi, juillet 20, 2013

Autisme. Une mère en grève de la faim pour sa fille

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Autisme.-Une-mere-en-greve-de-la-faim-pour-sa-fille_55257-2212464_actu.Htm


Atlantico : Jacqueline Tiarti observe depuis le 9 juillet une grève de la faim pour que sa fille autiste Mélissa, 7 ans obtienne un éducateur à domicile. Pourquoi l’approche psychanalytique demeure actuellement privilégiée dans la prise en charge de l’autisme en France ? Danièle Langloys : Mélissa attend surtout une place en SESSAD - Service d'Education Spécialisée et de Soins à Domicile - depuis deux ans et demi. En fait, c’est scandaleux : les familles ne peuvent accéder aux services nécessaires et on leur interdit le financement en libéral qui pourrait pallier l’absence de services. La psychanalyse - qui prétend que l’autisme est un choix du sujet et qu’il a son origine dans le refoulement sexuel, alors que c’est une pathologie des synapses - a eu 50 ans pour bâtir une véritable dictature. Elle a notamment permis le noyautage de toutes les formations des professionnels, celui des médias et des instances décisionnaires. Elle a exercé un véritable terrorisme qui marginalise les professionnels de santé qui souhaiteraient mettre en oeuvre d’autres pratiques. La nécessaire révolution culturelle en la matière va prendre du temps. Alors qu'elle se pratique dans certains pays tels que les Etats-Unis, Israël, ou au Canada et dans certains pays nordiques, la méthode comportementaliste reste encore controversée en France, même si le troisième "plan autisme", présenté le 2 mai 2013, favorise cette méthode au détriment de la psychothérapie institutionnelle. Comment peut-on encore expliquer cette réticence ? Il ne faut pas dire méthode comportementaliste mais programmes d’apprentissage. Il ne s’agit pas de recettes mais de programmes toujours conçus de manière unique pour une personne précise, après une évaluation rigoureuse. Les psychanalystes qui ont tout le pouvoir dans les hôpitaux, les CMP, les CAMSP, tiennent à garder leur pouvoir et leur fonds de commerce et présentent exprès les programmes d’apprentissage développementaux et comportementaux de manière caricaturale comme du dressage. ABA (dans sa version moderne), TEACCH et PECS sont des programmes utilisés en milieu naturel, pour donner aux personnes des outils de communication et de socialisation, développer leurs interactions sociales et leur autonomie. On ne guérit pas l’autisme mais on peut vivre avec son autisme, comme avec un autre handicap en le contournant par des stratégies de compensation. De manière générale, l'autisme est-il toujours un tabou en France ? L’autisme reste un tabou. Les psychanalystes le présentent comme une "folie" qui nécessite l’hospitalisation en psychiatrie, souvent à vie. Les enseignants ont peur de nos enfants, qui pourtant seraient plus socialisables, s’ils avaient droit dès 18 mois à des interventions éducatives, le grand public ignore l’autisme car les pouvoirs publics n’ont jamais fait de campagne de sensibilisation alors qu’une personne sur 100 est concernée. Chacun doit apprendre à identifier et savoir accompagner les personnes autistes. Les pays qui pratiquent la méthode comportementaliste ont-ils observé de réels résultats ? Les programmes d’apprentissage développementaux et comportementaux sont d’autant plus efficaces qu’ils sont mis en oeuvre précocement. Il faut cependant trouver le bon pour chaque personne, car chaque cas est unique. On ne guérit pas l’autisme au demeurant : on sait seulement donner des chances plus ou moins grandes, en fonction des profils légers ou sévères, de développer la communication, la socialisation et l’autonomie. Avoir les moyens de dire qu’on a mal ou qu’on se sent mal, surtout si on est non-verbal, est une priorité absolue. Ne pas le faire c’est non-assistance à personne en danger, et c’est indigne. Outre la méthode psychanalytique et la méthode comportementaliste existe-t-il d'autres méthodes reconnues ? La psychanalyse n’a jamais fait la preuve d’une quelconque efficacité : aucune étude n'a d'ailleurs prouvé son efficacité. Les programmes d’apprentissage ont, eux, été évalués. Il en existe plusieurs. Leur efficacité n’est pas magique, mais les progrès peuvent être parfois spectaculaires et on peut toujours aider une personne autiste, à tout âge.
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/ces-parents-en-lutte-contre-inexplicable-blocage-francais-dans-methodes-traitement-autisme-daniele-langoys-791851.html#16FIEyuuef8368ge.99
Atlantico : Jacqueline Tiarti observe depuis le 9 juillet une grève de la faim pour que sa fille autiste Mélissa, 7 ans obtienne un éducateur à domicile. Pourquoi l’approche psychanalytique demeure actuellement privilégiée dans la prise en charge de l’autisme en France ? Danièle Langloys : Mélissa attend surtout une place en SESSAD - Service d'Education Spécialisée et de Soins à Domicile - depuis deux ans et demi. En fait, c’est scandaleux : les familles ne peuvent accéder aux services nécessaires et on leur interdit le financement en libéral qui pourrait pallier l’absence de services. La psychanalyse - qui prétend que l’autisme est un choix du sujet et qu’il a son origine dans le refoulement sexuel, alors que c’est une pathologie des synapses - a eu 50 ans pour bâtir une véritable dictature. Elle a notamment permis le noyautage de toutes les formations des professionnels, celui des médias et des instances décisionnaires. Elle a exercé un véritable terrorisme qui marginalise les professionnels de santé qui souhaiteraient mettre en oeuvre d’autres pratiques. La nécessaire révolution culturelle en la matière va prendre du temps. Alors qu'elle se pratique dans certains pays tels que les Etats-Unis, Israël, ou au Canada et dans certains pays nordiques, la méthode comportementaliste reste encore controversée en France, même si le troisième "plan autisme", présenté le 2 mai 2013, favorise cette méthode au détriment de la psychothérapie institutionnelle. Comment peut-on encore expliquer cette réticence ? Il ne faut pas dire méthode comportementaliste mais programmes d’apprentissage. Il ne s’agit pas de recettes mais de programmes toujours conçus de manière unique pour une personne précise, après une évaluation rigoureuse. Les psychanalystes qui ont tout le pouvoir dans les hôpitaux, les CMP, les CAMSP, tiennent à garder leur pouvoir et leur fonds de commerce et présentent exprès les programmes d’apprentissage développementaux et comportementaux de manière caricaturale comme du dressage. ABA (dans sa version moderne), TEACCH et PECS sont des programmes utilisés en milieu naturel, pour donner aux personnes des outils de communication et de socialisation, développer leurs interactions sociales et leur autonomie. On ne guérit pas l’autisme mais on peut vivre avec son autisme, comme avec un autre handicap en le contournant par des stratégies de compensation. De manière générale, l'autisme est-il toujours un tabou en France ? L’autisme reste un tabou. Les psychanalystes le présentent comme une "folie" qui nécessite l’hospitalisation en psychiatrie, souvent à vie. Les enseignants ont peur de nos enfants, qui pourtant seraient plus socialisables, s’ils avaient droit dès 18 mois à des interventions éducatives, le grand public ignore l’autisme car les pouvoirs publics n’ont jamais fait de campagne de sensibilisation alors qu’une personne sur 100 est concernée. Chacun doit apprendre à identifier et savoir accompagner les personnes autistes. Les pays qui pratiquent la méthode comportementaliste ont-ils observé de réels résultats ? Les programmes d’apprentissage développementaux et comportementaux sont d’autant plus efficaces qu’ils sont mis en oeuvre précocement. Il faut cependant trouver le bon pour chaque personne, car chaque cas est unique. On ne guérit pas l’autisme au demeurant : on sait seulement donner des chances plus ou moins grandes, en fonction des profils légers ou sévères, de développer la communication, la socialisation et l’autonomie. Avoir les moyens de dire qu’on a mal ou qu’on se sent mal, surtout si on est non-verbal, est une priorité absolue. Ne pas le faire c’est non-assistance à personne en danger, et c’est indigne. Outre la méthode psychanalytique et la méthode comportementaliste existe-t-il d'autres méthodes reconnues ? La psychanalyse n’a jamais fait la preuve d’une quelconque efficacité : aucune étude n'a d'ailleurs prouvé son efficacité. Les programmes d’apprentissage ont, eux, été évalués. Il en existe plusieurs. Leur efficacité n’est pas magique, mais les progrès peuvent être parfois spectaculaires et on peut toujours aider une personne autiste, à tout âge.
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Jacqueline Tiarti et Mélissa, sa fille autiste de 7 ans.
Jacqueline Tiarti, mère d’une enfant autiste, souhaite obtenir des soins adaptés pour sa fille de 7 ans. Elle refuse la méthode psychanalytique.

8 jours déjà que Jacqueline Tiarti, de Clamart (Hauts-de-Seine), a cessé de s’alimenter. C’est le seul moyen qu’elle a trouvé pour être entendue. Elle se bat pour que Mélissa, sa fille autiste de 7 ans, obtienne un Sessad (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile), un éducateur à domicile. Elle est sur liste d’attente depuis deux ans et demi, sans succès.

Le « monopole de la psychanalyse »
Il faut dire que les professionnels formés aux méthodes éducatives sont rares. En France, l’approche
psychanalytique demeure privilégiée dans la prise en charge de l’autisme. Une méthode que Jacqueline rejette avec force : « Les enfants sont surmédicalisés et végètent toute la journée, alors qu’ils ont besoin d’être stimulés et de travailler leur autonomie. »
« La psychanalyse considère que l’autisme est une psychose, un choix inconscient, et culpabilise les parents », souligne Danièle Langloys, présidente d’Autisme France. « Elle ne donne pas d’outils de communication aux enfants. »
L’association Autisme France dénonce le « monopole de la psychanalyse » dans les instituts médicaux publics, et leur « maillage de fait du territoire ». Même si, dans ses recommandations, la Haute autorité de santé (HAS) met en avant les méthodes comportementales, les psychologues spécialisés sont extrêmement rares.

Manque d’éducateurs
Pierre Canouï, pédopsychiatre et président de la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse, le reconnaît : « Je comprends l’exaspération de ces mères. Les méthodes éducatives ont leur place dans le traitement de l’autisme et il est impossible de trouver des éducateurs formés ou des places en institutions. C’est une erreur d’être dans le tout-psychanalytique, comme ce serait une erreur de verser dans le tout-rééducatif. Les deux méthodes sont liées et indispensables. »
Résultat : des listes d’attente interminables pour les instituts aux méthodes éducatives, et des parents souvent contraints de faire appel à des professionnels en libéral.

2 500 € par mois pour la prise en charge
C’est le choix qu’a fait Jacqueline Tiarti. Pendant des années, elle a eu recours à des psychologues libéraux formés aux méthodes comportementales, avec un « effet très bénéfique ». Elle qui a cessé de travailler en 2008 pour s’occuper de sa fille a dû s’endetter : « Orthophoniste, psychomotricien, psychologue… Pour une bonne prise en charge, il faut compter 2 500 € par mois. » Or, l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) qui lui est versée a été réduite de moitié en décembre 2012, de 1 100 € à 600 €. Aujourd’hui, elle ne peut plus financer les séances, et voit les progrès faits par sa fille s’estomper. Ses appels à la MDPH et à l’Agence régionale de santé sont pour l’instant restés lettre morte.

Le combat d’une autre mère
En Seine-et-Marne, après une grève de la faim de 12 jours, Agnès Regardin, la maman d’un jeune autiste de 14 ans, se bute aux mêmes obstacles avec Mattéo, son fils autiste de 14 ans. Il est soigné depuis 3 ans dans un Institut médico-éducatif (IME) à la vision psychanalytique. « Une dégringolade, se désole Agnès. Il a régressé, est redevenu violent, sale. Il n’arrive plus à communiquer et je ne peux pas le gérer. Il fait des crises terribles. »
Agnès
La maman a fait une demande de changement d’établissement auprès de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Son fils est sur liste d’attente depuis des mois déjà. Après une grève de la faim de 12 jours, Agnès a finalement obtenu une réunion avec les acteurs concernés, vendredi prochain. « Je ne crie pas victoire, mais j’ai bon espoir. » Jacqueline, elle, attend toujours.

Aude FREDOUELLE.
Atlantico : Jacqueline Tiarti observe depuis le 9 juillet une grève de la faim pour que sa fille autiste Mélissa, 7 ans obtienne un éducateur à domicile. Pourquoi l’approche psychanalytique demeure actuellement privilégiée dans la prise en charge de l’autisme en France ? Danièle Langloys : Mélissa attend surtout une place en SESSAD - Service d'Education Spécialisée et de Soins à Domicile - depuis deux ans et demi. En fait, c’est scandaleux : les familles ne peuvent accéder aux services nécessaires et on leur interdit le financement en libéral qui pourrait pallier l’absence de services. La psychanalyse - qui prétend que l’autisme est un choix du sujet et qu’il a son origine dans le refoulement sexuel, alors que c’est une pathologie des synapses - a eu 50 ans pour bâtir une véritable dictature. Elle a notamment permis le noyautage de toutes les formations des professionnels, celui des médias et des instances décisionnaires. Elle a exercé un véritable terrorisme qui marginalise les professionnels de santé qui souhaiteraient mettre en oeuvre d’autres pratiques. La nécessaire révolution culturelle en la matière va prendre du temps. Alors qu'elle se pratique dans certains pays tels que les Etats-Unis, Israël, ou au Canada et dans certains pays nordiques, la méthode comportementaliste reste encore controversée en France, même si le troisième "plan autisme", présenté le 2 mai 2013, favorise cette méthode au détriment de la psychothérapie institutionnelle. Comment peut-on encore expliquer cette réticence ? Il ne faut pas dire méthode comportementaliste mais programmes d’apprentissage. Il ne s’agit pas de recettes mais de programmes toujours conçus de manière unique pour une personne précise, après une évaluation rigoureuse. Les psychanalystes qui ont tout le pouvoir dans les hôpitaux, les CMP, les CAMSP, tiennent à garder leur pouvoir et leur fonds de commerce et présentent exprès les programmes d’apprentissage développementaux et comportementaux de manière caricaturale comme du dressage. ABA (dans sa version moderne), TEACCH et PECS sont des programmes utilisés en milieu naturel, pour donner aux personnes des outils de communication et de socialisation, développer leurs interactions sociales et leur autonomie. On ne guérit pas l’autisme mais on peut vivre avec son autisme, comme avec un autre handicap en le contournant par des stratégies de compensation. De manière générale, l'autisme est-il toujours un tabou en France ? L’autisme reste un tabou. Les psychanalystes le présentent comme une "folie" qui nécessite l’hospitalisation en psychiatrie, souvent à vie. Les enseignants ont peur de nos enfants, qui pourtant seraient plus socialisables, s’ils avaient droit dès 18 mois à des interventions éducatives, le grand public ignore l’autisme car les pouvoirs publics n’ont jamais fait de campagne de sensibilisation alors qu’une personne sur 100 est concernée. Chacun doit apprendre à identifier et savoir accompagner les personnes autistes. Les pays qui pratiquent la méthode comportementaliste ont-ils observé de réels résultats ? Les programmes d’apprentissage développementaux et comportementaux sont d’autant plus efficaces qu’ils sont mis en oeuvre précocement. Il faut cependant trouver le bon pour chaque personne, car chaque cas est unique. On ne guérit pas l’autisme au demeurant : on sait seulement donner des chances plus ou moins grandes, en fonction des profils légers ou sévères, de développer la communication, la socialisation et l’autonomie. Avoir les moyens de dire qu’on a mal ou qu’on se sent mal, surtout si on est non-verbal, est une priorité absolue. Ne pas le faire c’est non-assistance à personne en danger, et c’est indigne. Outre la méthode psychanalytique et la méthode comportementaliste existe-t-il d'autres méthodes reconnues ? La psychanalyse n’a jamais fait la preuve d’une quelconque efficacité : aucune étude n'a d'ailleurs prouvé son efficacité. Les programmes d’apprentissage ont, eux, été évalués. Il en existe plusieurs. Leur efficacité n’est pas magique, mais les progrès peuvent être parfois spectaculaires et on peut toujours aider une personne autiste, à tout âge.
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/ces-parents-en-lutte-contre-inexplicable-blocage-francais-dans-methodes-traitement-autisme-daniele-langoys-791851.html#16FIEyuuef8368ge.99

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