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vendredi, août 30, 2013

Les bébés apprendraient déjà à parler dans le ventre de leur mère


http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-bebes-apprendraient-deja-parler-ventre-leur-mere-48570/

Soyez prudents lorsque vous parlez à une femme enceinte. Des résultats récents montrent que les fœtus écoutent et mémorisent les sons perçus lors de leur vie in utero. Voici une étude de plus qui met en lumière les capacités étonnantes des tout-petits.


Au cours des premières années de vie, les enfants emmagasinent une quantité impressionnante d’informations diverses et variées. Les apprentissages commenceraient d’ailleurs très jeunes, avant même la naissance,
lorsque les fœtus baignent encore dans l’utérus de leur mère. Des scientifiques ont par exemple montré qu’ils s’entraînent aux grimaces afin d’être le plus expressif possible une fois dans le monde extérieur. Selon des chercheurs finlandais de l'université d'Helsinki, les bébés seraient même capables de se souvenir des sons entendus in utero. Leurs résultats sont publiés dans la revue Pnas.
« En plaçant une main sur la bouche et en parlant, on peut avoir une idée assez juste de ce qu’un fœtus entend lorsqu’il est dans le ventre de sa mère, séparée des bruits extérieurs par l’abdomen, explique Eino Partanen, le principal auteur de ces recherches. Il peut alors distinguer le rythme des sons et de la musique. » Toutefois, leur cerveau n’est pas complètement développé et il n’est pas du tout évident qu’ils puissent s’en souvenir à la naissance

L'électro-encéphalographie (EEG) est une méthode d’exploration cérébrale qui mesure l’activité électrique du cerveau grâce à des électrodes placées sur le crane. © CDaisyM, Flickr, cc by nc nd 2.0
L'électro-encéphalographie (EEG) est une méthode d’exploration cérébrale qui mesure l’activité électrique du cerveau grâce à des électrodes placées sur le crâne. © CDaisyM, Flickr, cc by nc nd 2.0

La mémoire des fœtus intéresse la communauté scientifique depuis longtemps. En 1988, une étude suggérait que les nouveau-nés étaient capables de reconnaître la mélodie de la chanson favorite de leur mère. Des travaux plus récents ont également rapporté que les bébés se familiarisent bien avant leur naissance avec les sons des langues de leurs parents. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont montré qu’en écoutant une langue étrangère, des nouveau-nés suédois changeaient d’attitude et se mettaient à sucer leur tétine avec plus d’intensité. Cette expérience reposait cependant sur une association entre un comportement et une capacité mentale, ce qui n’est pas suffisant pour émettre une conclusion définitive.

Les fœtus se souviennent des sons

Dans cette nouvelle étude, Eino Partanen et son équipe ont adopté une approche différente. Dans un premier temps, ils ont recruté 33 femmes enceintes et ont demandé à près de la moitié d’entre elles d’écouter régulièrement une chanson à partir du septième mois de grossesse. Le morceau correspondait à une mélodie simple sur laquelle étaient répétés les sons « tatata » ou des variantes de ces syllabes. « Tatata est un pseudo-mot qui n’a pas de sens mais qui suit les règles de la langue finnoise et aurait donc pu exister », indique le chercheur. Selon lui, grâce à ce rituel, les bébés devraient avoir entendu le mot « tatata » et ses variantes plus de 25.000 fois avant la naissance !
Dans un second temps, les chercheurs ont testé si les bébés étaient capables de reconnaître le son « tatata » et ses variantes à la naissance. Pour cela, ils les ont équipés avec des senseurs d’électro-encéphalographie. « Lorsqu’un son est répété régulièrement le cerveau finit par fabriquer un souvenir, expliquent les chercheurs. En faisant écouter à nouveau ce son, on peut réactiver le zone du cerveau qui l’a emmagasiné. » Grâce à l’encéphalogramme, les auteurs peuvent donc examiner l’activité neuronale et étudier la mémoire des aventures intra-utérines.
Leurs résultats montrent que les bébés ayant écouté le morceau pendant leur développement en avait fabriqué un souvenir, contrairement aux autres enfants. L’analyse des encéphalogrammes suggère qu’ils sont également capables de faire la différence entre le mot « tatata » et ses variations. D’autre part, plus souvent les mamans ont écouté le disque, plus le signal neuronal associé au mot « tatata » est intense. Ces travaux montrent que l’apprentissage du langage se met en place bien avant la naissance, lorsque les fœtus sont encore au cœur du ventre de leurs mamans. Ils devraient encourager les futurs parents à parler calmement et régulièrement à leur être cher au cours de la grossesse...

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